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Editorial Novembre 2013


Boule de neige, pour la renaissance du commun


Voir les sessions de Guérande sur les Biens Communs, ICI



Combien de personnes cherchent partout dans le monde une alternative équitable à la propriété individuelle souveraine, à l’omniprésence des lois de la concurrence et à l’expansion sans bornes des monopoles privés dans l’occupation et la gestion des ressources naturelles ?

Ne ressentons-nous pas l’urgence de trouver une solution solide et durable à des relations humaines, propriétaires et productives inspirées uniquement par la recherche du profit et la compétition entre les individus.

Nous avons probablement pensé, par moment, que tout cela devait être un rêve, une utopie.

Nous ne pensons plus, après Guérande.

Nous sommes aujourd’hui certains que cela est plus que possible : cela est in-dis-pen-sa-ble.

Le feu allumé par les expériences partagées lors de cette rencontre en Loire Atlantique a réchauffé les cœurs, mais a aussi et surtout éclairé les esprits.

Il a permis de "voir clair et vouloir vivre", comme l’a écrit Emile Chanoux.

Nous l’avons compris jour par jour, en écoutant nos frères, nos hermanos : c’est ainsi que nous avons mieux compris nous-mêmes.

Défendre et renforcer les systèmes de gouvernance des ressources naturelles, des marais aux rizières, des jardins urbains aux pâturages, de l’eau au plancton, à travers la planète entière est un devoir collectif : nous en avons eu des témoignages concrets, que nous pouvons étudier, le pratiquer, corriger, améliorer, partager.

Guérande n’a pas été un colloque scientifique, une salle de conférence où quatre pelés et un tondu se sont trouvés pour discuter du sexe des anges.

Elle a été le lieu où le vécu et la théorie se sont rencontrés, l’endroit où nous avons compris que l’économie et le droit ne sont pas que des théories abstraites ou les instruments de la domination et de l’exploitation : ils peuvent devenir l’outil pour bâtir et structurer de nouveaux systèmes de relation avec la terre, avec Pachamama, avec l’eau, avec le vivant de la planète.

Une relation spirituelle, avant même que matérielle.

Les ressources naturelles ne sont pas des biens matériels tout court, des moyens purs et simples pour subvenir à nos besoins. Elles sont une composante irremplaçable de notre propre condition humaine : nous devons aménager et entretenir avec elles des relations respectueuses, permettant un partage équitable et soucieux des intérêts des générations futures.

Mère nature, mer et nature…

Pourtant, combien sont-ils encore ceux qui ignorent encore cette règle élémentaire ?

Antoine de Saint-Exupéry le savait bien : « Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules ». il faudra les aider.

Nous devons nous unir pour arrêter la conduite arrogante de l’homme grisé par son égoïsme, aveuglé par son illusion d’omnipotence, violant de façon irresponsable les règles fondamentale de sa propre mère.

Comme cela s’est déjà produit dans le passé pour l’espace physique et les ressources naturelles, c’est aujourd’hui dans la dimension numérique et à travers le réseau que se réplique l’histoire séculaire de l’occupation, de l’appropriation, des enclosures de la part du plus fort au détriment de la communauté.

Là aussi, heureusement, le réveil, l’organisation et la mobilisation collective dressent des remparts puissants, grâce à des formes nouvelles de solidarité communautaire – de Wikipedia aux Creative commons - contre la barbarie de l’exploitation marchande des terres communes virtuelles du savoir ancestral, de la musique, de la médecine traditionnelle, des logiciels, de la génomique.

La partie est engagée.

La logique de la non-rivalité doit jouer ses cartes.

Elle sait séparer les biens privés individuels de ce qui appartient à la communauté, identifiant correctement les usagers, leurs droits et leurs responsabilités. Elle permet un accès de l’extérieur à celui qui accepte la règle commune, se modernise et s’adapte face aux défis et aux changements extérieurs, soient-ils climatiques ou économiques.

Voilà le meilleur atout face à la pensée unique de la compétition et de la financiarisation omnivore.

Nous avons tiré ensemble la leçon des conflits dont chacun est témoin dans son pays. La chronique nous en illustre, jour après jours, les conséquences dramatiques, surtout en terme d’épuisement des ressources.

Nous allons donc écrire ensemble les règles d’une nouvelle convivialité économique, fondée sur une expérience millénaire pour une solidarité active, salvatrice, porteuse de bonheur et d’espoir.

Nous articulerons ainsi notre nouvelle grammaire (faut-il dire grammaire ? ou grand-mère ? ou grande mer ?) commune ; celle d’une humanité qui réapprend à se conduire, à se tenir dans les limites que la nature lui assigne.

L’homme de montagne que je suis ne peut s’empêcher de souhaiter – et de se réjouir de travailler avec vous – pour un ‘effet boule de neige’ à partir de ce moment extraordinaire de réveil et de réflexion.

Pour que cette première convergence d’expériences de gestion des commons, tantôt merveilleuses mais parfois aussi, nous l’avons vu, tragiques pour les attaques que le commun a subi, fasse croitre de façon exponentielle la réorganisation de l’oïkonomie, l’économie globale très bien expliquée par Pierre Calame.

En roulant lentement le long d’une pente enneigée, la petite boule va grossir.

Au fur et à mesure qu’elle roule, elle grossit de plus en plus.

La force de cette boule minuscule est immense, lorsqu’elle arrive au fond de la pente.



Roberto Louvin
Licencié en droit de l'université de Turin. Il fut militant de la Jeunesse valdôtaine et député régional aux élections de 1998. Président de la Vallée d'Aoste, il fut l'un des promoteurs de la fondation de l'université de la Vallée d'Aoste, où il a été professeur de droit.

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