Le saviez vous?

Ces alliés peuvent être des organisations internationales, des organisations régionales, des organisations nationales ou locales. Lire+

Éditorial Juin 2014

 

La crise des économistes

@Jan Nimmo

 

 

 

Partout et à tout moment, on entend parler de la « crise économique ». C'est comme si, dans le cas de l'Europe, il allait suffire de remettre l'économie sur les rails de la croissance pour que tout aille mieux : on retrouverait ainsi le bonheur, la solidarité, l'optimisme, même la santé.

C'est comme si le message de la première 'envoyée spéciale' des économistes dits néo-libéraux, Madame Thatcher – « il n'y a pas d'alternative » – était si bien passé qu'il a été complètement internalisé par presque toutes les principales forces politiques sur presque tous les continents.

Les populations, elles, aimeraient bien croire que des alternatives économiques et monétaires existent, mais qui parle de ces alternatives aux citoyens électeurs? N'est-il pas évident qu'un des facteurs clé du 'choc' des élections européennes de cette fin de mai 2014 est précisément que les grands partis traditionnels ne parlent pas et ne proposent pas d'autres manières de voir l'économie et d'organiser la vie économique? Ne pourrait-on pas voir le soutien de beaucoup de citoyens à des discours nationalistes, simplistes, voire racistes, comme l'expression électorale d'un sérieux manque de débat et d'éducation à l'économie ?

Et voici maintenant que les jeunes apprentis-économistes eux-mêmes lancent une alerte sur le manque de pluralisme dans les institutions où ils ont choisi de se former (www.isipe.net/home-fr). Ils ont compris que la pensée unique ne peut résoudre la crise, forcément mondialisée par la nature même du système économique et monétaire dans lequel ils sont nés.

De ce manque de pluralisme découlent non seulement un 'monothéisme' politique parmi les gouvernants des états-nations et des instances inter-gouvernementales, mais aussi une espèce d'auto-censure intellectuelle parmi ceux et celles qui pourraient - et devraient - faciliter les articulations entre des alternatives qui existent bel et bien au niveau local – et des transformations économiques nécessaires à d'autres échelles.

Le réseau Terre Citoyenne et nous les partenaires de la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme) avons la responsabilité d'agir : de concevoir/conceptualiser ces transformations, de visualiser dans la pratique les articulations entre les niveaux micro-, méso- et macro-, de participer à la relocalisation, à la dématérialisation.. bref, à une économie en syntonie avec nos valeurs. Tout ceci doit être basé sur l'analyse et la diffusion d'exemples réels, ce qui exige de mettre les praticiens, les enseignants-chercheurs, les critiques, le monde politique et les mouvements de la société civile à l'œuvre.

Quels sont les outils d'une transition économique ? Quels rapports veut-on entre la production, la distribution et la consommation ? Comment internaliser dans les prix les externalités qui menacent de détruire nos sociétés et notre planète - des coûts écologiques et sociaux à l'évasion fiscale? Qu'est-ce qu'un prix juste ? Quels enseignements une cartographie des alternatives existantes et en construction pourrait-elle nous apporter ?
Dans notre petit monde de l'économie internationale de la banane, nous essayons de traiter ces questions difficiles en mettant autour de la table la diversité d'acteurs économiques et sociaux, en explorant la viabilité des différentes approches concernant la répartition de la valeur dans les filières, en essayant de voir comment arriver à une situation où tous les acteurs tirent une rémunération décente pour leur travail, et de trouver des manières de produire et de distribuer un fruit qui seraient cohérentes avec une économie durable, éthique, plurielle, solidaire.


C'est un travail en cours, un travail très imparfait, avec des avancées et tous les obstacles qu'on peut imaginer, mais nous y croyons et nous tenons à construire une expérimentation basée sur des valeurs éthiques que les différents acteurs pourront graduellement s'approprier. Il faudrait multiplier ces efforts multi-acteurs pour construire des filières durables et équitables dans d'autres secteurs, et collectivement traiter les questions plus larges et plus complexes du comment de la transformation économique nécessaire.


Notre réseau, me semble-t-il, est bien placé pour prendre un rôle plus proactif dans ces démarches.

Alistair Smith
Banana Link
(organisation fondée en 1996 qui travaille pour un commerce bananier plus juste et durable)


Plus d'informations:

- Voir Banana Link dans Terre Citoyenne

- Voir une vidéo d'Alistair Smith: 80% de la production mondiale est détenue par cinq entités, le besoin de trouver de nouvelles coopérations, des mécanismes de distribution plus juste et de sensibiliser les acteurs de la filière sont les enjeux pour une transition nécessaire.

ACTUELLEMENT : LES BIENS COMMUNS

• Voir les Initiatives Biens Communs

• Voir les vidéos  Biens Communs

--> Suivez-nous sur Facebook    

Découvrir l'université UITC

Découvrir les videos Global Café

Agenda

RENCONTRE PUBLIQUE SUR LES BIENS COMMUNS

Pour la Transition, une économie du partage de la connaissance et des biens communs.

OBJECTIF PLANCTON

Action de science participative originale menée à Brest et à Lorient en partenariat avec Plancton du Monde.

AMENAZAS PARA LA PESCA EN EL MEDITERRÁNEO

24 de mayo 2014: visita y charlas en Vinaroz, región de Valencia.