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L'éducation contre le terrorisme

Février 2015


 Un mauvais choix

Après l’attentat de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 à Paris en France, j’ai discuté avec mon voisin, un paisible retraité de 65 ans. J’ai été frappé par une de ses remarques : « les gens ont tout ce qu’il faut pour vivre heureux mais préfèrent la violence ». Je suis resté abasourdi. Mon voisin ignorait-il la crise économique mondiale ? Ignorait-il les ghettos et la vie dure dans les ban-lieux de Paris où le taux de chômage des jeunes atteint les 40% ? N’a-t-il jamais entendu parler des intouchables en Inde, des bidonvilles en Afrique et en Amérique latine ? Je n’ai pas manqué de le lui demander. Il m’a répondu du tic au tac, comme s’il s’y attendait. « Il y a sur la terre beaucoup plus de ressources qu’il n’en faut pour tout le monde mais les hommes ont choisi le partage inégal et le gaspillage », m’a-t-il asséné.

Le tort à Dieu !

Du bouddhisme à l’islam en passant par le taoïsme et le christianisme, toutes les religions prêchent l’amour du prochain et refusent à leurs adeptes de se faire justice, tâche dévolue à Dieu. Seulement Dieu est lent à sévir et trop patient face aux « malfaiteurs » déjà indexés par les hommes. D’aucuns trouvent même qu’il n’est pas sérieux, lui qui fait prospérer les « méchants » et laisse croupir dans la misère ceux qui croient en lui. Ce faisant, les « ultras religieux » se sentent pousser les ailes et s’arrogent le devoir et le droit de suppléer aux « manquements » de Dieu. Que ce soit en Ouganda, au Nigeria, au Sahel, en Afghanistan, en Irak ou en Syrie les terroristes de « l’Armée de Résistance du Seigneur » ou de « Boko Haram », les talibans ou les combattant de l’Etat Islamique veulent régenter la société selon les dix commandements de Dieu ou selon la charria. L’occident doit être puni pour ses blasphèmes et pour son soutien aux dissidents. Aux présumés « suppôts de Satan » et aux présumés « redresseurs » de la société, Dieu laisse faire. « Les redresseurs », impuissants pour un combat rangé à face découverte contre les « méchants », n’ont d’autres choix que d’agir dans l’ombre en frappant des coups aveugles qui touchent beaucoup plus de personnes innocentes que de cibles visés. Ils disent, dans leur cynisme, que ce sont des dommages collatéraux.

Pour aggraver les choses, dans ses caprices, « Dieu » a fait qu’il y ait deux catégories d’hommes sur la terre : les riches et les pauvres. Les proportions entre ces deux catégories sont hallucinantes. Les riches qui ne font qu’un pour cent (1%) de la population mondiale détiennent à eux seuls plus de quatre-vingt dix pour cent (90%) des richesses du monde. Les pauvres qui font quatre-vingt dix-neuf pour cent (99%) de la population mondiale se partagent les 10% restants de la richesse du monde. Ceci fera dire à un humoriste qu’en mathématiques, « Dieu est sans doute le meilleur en multiplication, en addition et en soustraction mais quasi nul en division quand il s’agit de répartir les richesses ».

L’exploitation de la misère

Sur l’échelle de Maslow, les besoins physiologiques de l’homme (faim, soif, sommeil, sexe, …) sont les premiers déterminants de son comportement. Que ne fera pas un miséreux pour manger à sa faim et dormir avec sept vierges dans un palais pour l’éternité ? La motivation est d’autant plus forte quand il s’agira d’éliminer ceux qui, par leur infidélité, sont à l’origine de nos privations.

L’endoctrinement est beaucoup plus aisé dans les milieux pauvres et moins éduqués. En effet, une personne éduquée a plus de chances de se « débrouiller » dans la vie en vendant son savoir faire comme travailleur ou comme entrepreneur. Dans ce monde régi par la consommation, la demande devient de plus en plus exigeante sur la qualité des produits. Il faut alors une éducation et un perfectionnement de plus en plus accrus pour la satisfaire. Ce qui fait que les personnes exclues du système éducatif sont d’office exclues du processus économique. De facto, elles deviennent la cible privilégiée des vendeurs de rêves. Plus important, une personne mieux éduquée a plus de chances de comprendre et de faire plus de discernement face à un discours ou une propagande d’où qu’elle vienne.

Un cercle vicieux

Face à « la mondialisation » du terrorisme, la réaction des politiques et des Etats est la manière forte : juguler le danger par la force et fortifier la loi. C’est logique. Efficace ? Ce n’est pas certain. Aux démunis, aux affamés et à tous ceux qui en ont marre dans leur peau les « fanatiques de dieu » ont une proposition infaillible : « au lieu de mourir comme un chien, meurt comme un héros, comme un martyr. Ta place est garantie au paradis ». On dit en Afrique que « cabri déjà mort, n’a point peur des couteaux ». Ce n’est pas que les terroristes n’ont pas peur de la mort quand ils bouclent les ceintures d’explosifs autour de leur taille ou quand ils s’attaquent aux édifices protégés, aux lieux de travail, aux métros, … sachant très bien qu’ils n’en sortiront pas vivants. C’est tout simplement parce qu’ils ont été convaincus et considèrent eux-mêmes qu’ils sont bel et bien morts depuis belle lurette. A tout perdre, mieux vaut gagner le paradis ! Un homme politique français a proposé l’indignité comme une des sanctions contre les personnes qui se livrent au terrorisme. Ils s’en moquent. Ils sont déjà indignes -et ils le savent- quand ils sont obligés de voler, de se prostituer ou de fouiller les poubelles pour vivre.

Loin de moi la tentation de faire ni l’apologie du terrorisme ni l’avocat du diable. J’ose cependant faire remarquer que les spéculateurs financiers à la base de la crise financière des sub-primes aux Etats Unis en 2008 et de la faillite des Etats comme la Grèce, l’Irlande, l’Espagne et j’en passe ne sont pas moins criminels que les terroristes qui cachent leurs bombes dans les poubelles. Ces derniers sont pourchassés, jugés et condamnés. J’ose espérer qu’ils seront neutralisés un jour et définitivement. Que fait-on des lobbies de la spéculation ?

Briser le cercle vicieux.

Il faut croire en la vie pour refuser de tuer ou de se « suicider ». Or, pour croire en la vie, il faut qu’elle soit prometteuse et qu’elle donne envie d’être vécue. Tout homme espère vivre mieux un jour. S’il arrive que cet espoir n’existe plus, que demain se profile pire qu’aujourd’hui, est-il encore besoin de vivre ? Voici la question que doivent se poser ceux qui ont la charge de gouverner les peuples. Si une partie de la population, si petite soit-elle, est convaincue que les dirigeants des pays ne sont là que pour veiller sur les intérêts des riches dont ils font partie et qu’elle ne compte pas à leurs yeux, c’est la catastrophe. C’est malheureusement ce qui arrive dans beaucoup de pays en ce moment, notamment dans le tiers monde. Abandonnés par tous, ces hommes se tournent vers « un dieu » que les illuminés ont trouvé pour eux. Un « dieu » qui autorise de tuer en son nom ! Très peu se doutent qu’ils sont manipulés pour servir les intérêts de nouveaux « oppresseurs », beaucoup plus impitoyables, déguisés en hommes de Dieu et qui n’hésitent pas, un seul instant, à les envoyer à « l’abattoir ».

A mon avis, il manque un lucide discernement à tous les niveaux. D’abord, au niveau des adeptes-outils du terrorisme qui ne comprennent rien à rien des motivations de ceux qui en font des bombes ambulantes. Ensuite, au niveau des manipulateurs et des laveurs de cerveaux qui ne veulent pas comprendre que la voie qu’ils ont choisie ne mène qu’à la destruction où ceux qu’ils sont sensés défendre paient le lourd tribut. Enfin, au niveau des politiques et des pouvoirs publics qui pensent que la force seule peut résoudre le problème en oubliant de s’attaquer aux véritables racines du mal : la misère et l’exclusion.

Eduquer les hommes pour sauver l’humanité

La clé pour entrer dans le système économique ambiant reste l’éducation et la formation. La clé pour saisir, analyser et comprendre les enjeux des luttes sociétales de ce siècle réside dans l’éducation. L’éducation est aussi la clé pour réussir le vivre ensemble. Ainsi donc, pour faire de bons choix, tout homme a besoin d’être éduqué : le politique, le religieux, le citoyen lambda, … Le besoin d’éducation est sans doute plus important et plus urgent pour ceux qui n’en ont jamais eue ou ceux qui en sont vite sortis suite à leurs conditions de vie précaires.

Je voudrais, pour finir, interpeller l’UiTC pour l’inciter à réfléchir davantage sur le rôle qu’elle doit jouer dans le monde. Son appellation englobe tout : « Université internationale Terre Citoyenne ». La terre citoyenne est une terre du vivre ensemble. La terre citoyenne est une terre du partage. La terre citoyenne est une terre d’harmonie et de paix. La terre citoyenne est une terre du respect de la vie. La terre citoyenne est une terre du respect des droits de l’homme. La terre citoyenne est une terre du développement durable. Bref, la terre citoyenne est la terre des hommes.

Avons-nous bien mesuré la portée et le contenu du message de l’UiTC ? Et, sans vouloir tout faire, quelle concrétisation faisons-nous de son idéal ? Précisément quelle réflexion et quelle action concrète l’UiTC apporte-t-elle à Grigny ou à Saint Denis ? Quel message et quelle action concrète destine-t-elle aux puissants et aux décideurs de ce monde ? Il y a encore du pain sur la planche.

Charles BAKUNDAKWITA
Ancien membre de l'ADEPA Association Ouest Africaine pour le Développement de la Pêche Artisanale et un des piliers du pôle Afrique de l'université internationale Terre Citoyenne - UiTC

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