Le saviez vous?

La gestion en bien commun constitue aujourd’hui un patrimoine millénaire de connaissances citoyennes, de savoir-faire et de formes d’organisation et de régulation qui se projettent vers l’avenir - Voir la rencontre de Guérande. Lire+

Carla Estrada

Carla Estrada, Almedio Consultores, université, Vietnam

 

 

Lorsque la société change, l'université change t-elle? 

 

Tout au long de l'histoire, les fonctions de l'université ont suscité la controverse. Traditionnellement, l'université a été perçue comme un pôle diffuseur de savoir. Dans ce cas, doit-elle se consacrer à la recherche ou se dévouer exclusivement à l'enseignement?. L'université doit elle former les élites de la société, ou doit elle former le plus grand nombre de personnes? Quels que soient les choix faits par les institutions universitaires, l'université a réussi à rester le bastion intellectuel de la société.

 

Aujourd'hui, alors que nous assistons à une société en constante évolution, les moyens de communication, les relations humaines, l'environnement et les structures sociales ont subi des changements spectaculaires. Nous vivons un tournant, car il semblerait  que les êtres humains doivent changer leurs modes de vie, de consommation, d'interaction les uns avec les autres pour faire de leur propre vie un projet  soutenable.

 

L'université, dans ses diverses formes et à quelques exceptions près, s'est avérée être une institution plutôt statique par rapport aux mutations rapides que la société a connu et elle semble être plus préoccupée par le maintien de sa position, au niveau académique et marchand que par l'accompagnement des défis auxquels les citoyens sont confrontés.

A l'occasion de deux conférences tenues à Ho Chi Minh [1], en octobre 2009, plus de 70 experts venant du monde entier sont venus partager leurs expériences et leurs idées pour tracer le chemin que l'université du futur doit construire. En général, les diagnostics étaient assez concordants : l'université doit changer parce que les besoins de la société ne sont plus les mêmes.

 

Qu'est-ce  que cela signifie?, que l'université devrait intégrer la complexité dans toute son ampleur, rendant ses procédures plus dynamiques, intégrant les nouvelles technologies, encourageant leurs propres étudiants à se construire à partir de leurs potentialités et en mettant l'accent sur l'expérience, l'innovation et le travail collaboratif. Cela signifie que l'université devrait dialoguer avec la réalité,  donner les outils qui permettent aux élèves de s'épanouir dans un monde global, mais toujours en relation avec leur propre communauté locale, L'université dans ce sens doit devenir "glocale".

 

Politiquement, l'université devrait se définir comme une institution démocratique, qui garantit l'accès, mais aussi la continuité, la réussite et l'accès à l'emploi de ses étudiants dans le cadre d'une éducation de qualité.

 

Mais elle doit également s'engager avec tous les acteurs impliqués dans le processus éducatif, établissant des responsabilités et permettant la participation dans sa propre gestion. Cette perspective permettrait de déboucher sur une gouvernance légitime et renforcerait l'engagement de ses acteurs.
Mais surtout, l'université doit être responsable avec le reste de la société et cela devrait se traduire par des procédures plus démocratiques et participatives et des contenus plus en phase avec les préoccupations de la société. L'université devrait être capable de construire de la citoyenneté, de contribuer à résoudre l'exode rural, l'inégalité sociale, le chômage, la déprédation de l'environnement, la consommation irrationnelle, la violence, etc., et ne pas devenir un catalyseur des mêmes pratiques qui nous ont conduits à cette impasse.

 

Le processus engagé pour la construction de l'Université internationale Terre citoyenne assume ces défis et mise sur une formation de leaders sociaux capable de reconnaître la valeur des savoirs traditionnels et leur relation avec le contexte mondial.

 

C'est donc une initiative novatrice qui met l'accent sur le rôle des mouvements sociaux comme générateurs de changement, tout en cherchant à relier et à créer des synergies entre les différentes expériences et les personnes et entre ces mêmes mouvements sociaux et les centres universitaires qui s'intéressent à relever ces défis.

 

Pour les universités plus traditionnelles, ce changement pourrait provoquer un vrai cataclysme et de nombreuses institutions ne relèveront probablement pas le défi et maintiendront ainsi leur position de prestige sans s'exposer à une telle révolution. Celles qui oseront, les plus innovantes, pourront se regarder dans le miroir avec fierté et se dire qu'elles ont été tout simplement à la hauteur.

 

Carla Estrada Jopia est journaliste et directrice de projets chez Almedio Consultants.

 

Notes:

[1] 16 et 17 Octobre 2009 Quelle université pour le XXI ème siècle ?, Séminaire organisé par le  Projet Universitaire international TriViet. Ho Chi Minh Ville, Vietnam.

19 et 20 Octobre 2009, le développement de l'enseignement supérieur: les leçons de l'expérience, séminaire organisé par l'Université Hoa Sen. Ho Chi Minh Ville, Vietnam.

 

Consulter le document complet de la systématisation des deux conférences (pdf, eng)

 

 


Voir aussi:

Rencontre de l'UITC à Reñaca (Chili), link

Cahier des charges pour une université du 21e siècle; Eléments pour nourrir la réflexion; Por Pierre Calame, link

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