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Le pays de Lorient

Compte rendu Armelle Lainé, Agrocampus site de Beg meil et Fanny Brun, Collectif Pêche & Développement

 

Visite au port de pêche de Lorient

Le groupe de visiteurs internationaux avait rendez-vous ce lundi 31 mai 2010 au port de pêche de Lorient avec Olivier Le Nezet, Président du Comité local des pêches de Lorient-Etel. Le but de la visite était de repérer les initiatives des pêcheurs et acteurs de la filière pêche pour rebondir face aux difficultés rencontrées actuellement.

 

Dans un premier temps, nous sommes allés rencontrer un pêcheur sur son bateau. Il s'agissait d'un chalutier qui capture la langoustine dans le golfe de Gascogne.
Le pêcheur a abordé les problèmes de partage de territoire, particulièrement avec les fileyeurs espagnols et a expliqué les initiatives de sélectivité dans la pêche merlu-langoustine. Les pêcheurs bretons ont en effet "inventé" des systèmes de maillage de filets (mailles carrées) qui laissent échapper les merlus de petite taille, ainsi que des grilles pour trier les langoustines "sur le fond plutôt que sur le pont". Ces dispositifs, testés en collaboration avec l'Aglia (Association du Grand LIttoral Atlantique) et les scientifiques d'IFREMER, sont maintenant obligatoires au niveau européen.

 

Dans un deuxième temps, nous avons eu un échange avec Olivier Le Nézet au Comité local des pêches. Plusieurs sujets ont été abordés :


 - la campagne "Lulu le merlu"
Face à l'absence de débouchés commerciaux pour le merlu (gros problèmes d'invendus ou de prix bas en 2009), la filière pêche a réagi en mettant en place une transformation de ce poisson par les entreprises locales en poisson pané et congelé à destination, dans un premier temps, des cantines scolaires avec une campagne publicitaire (Lulu le merlu).
En parallèle, un travail de rapprochement entre le Comité local des pêches et l'équipe de football de Lorient est en cours (matchs amicaux entre clubs de football et acteurs de la filière pêche, actions de communication,...).


 - la pêche à pied
Les pêcheurs à pied professionnels vont implanter des gardes jurés, financés par une augmentation substantielle de leur licence (de 60 à 300 €), afin de lutter contre la pêche illégale au niveau régional.


 - la réforme des organisations professionnelles
La loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche qui prévoit la nouvelle organisation des comités des pêches français est en préparation et devrait être appliquée en 2011.


 - les conflits de territoires
Outre les conflits "traditionnels" entre pêcheurs français et espagnols, entre différents métiers de pêche (fileyeurs - chalutiers, senneurs - ligneurs, ...), ces dernières années de nombreuses contraintes extérieures limitent et/ou compliquent le travail des pêcheurs et rognent leurs territoires de pêche :
  - Quotas, projets de quotas individuels transférables au niveau européen,
  - Extraction de sables ou de granulats,
  - Croissance importante du tourisme et de la pêche de plaisance,
  - Aires marines protégées, zones Natura 2000 en mer,
  - Eoliennes off-shore (une consultation des pêcheurs bretons, organisée par le Comité régional des pêches de Bretagne est en cours à ce sujet).


Rencontre avec Yves Le Bahy, professeur agrégé de géographie à l’université de Lorient : lieu petite mer de Gâvres

 

La commande passée auprès d'Yves Le Bahy visait à nous rappeler à partir d’un cas, celui de la petite mer de Gavres, l’histoire des territoires littoraux et l’évolution de ces territoires.
Ces lieux ont d’abord été investis par les sociétés rurales et maritimes, avec un système rural plutôt organisé en fond d’estuaire et sur la côte, une population de marins.


Jusqu’en 1960, Gâvres a vécu sur ce modèle, pour connaître dans les années 1960-1970 le développement du tourisme, plutôt familial à cette époque, puis qui s’est progressivement orienté vers le tourisme de masse, la villégiature et le résidentiel que les retraités affectionnent particulièrement. Cette évolution est concomitante avec l’évolution de la pêche artisanale vers la pêche industrielle.


On est ainsi passé d’une économie primaire à une économie résidentielle. Cette évolution a fortement modifié, déstructuré et dénaturé les territoires littoraux.
Le littoral est alors perçu comme un territoire de biens économiques (de loisirs et tourisme, de matériaux d’extractions…) ; des perceptions qui n’ont guère tenu compte des enjeux forts des milieux naturels comme les systèmes dunaires et les zones humides littorales, véritables zones de protection pour les habitations construites en arrière, et véritables zones de production et de diversité biologique.


Yves Le Bahy nous a fait lire sur les cartes et sur le paysage les incohérences des installations portuaires et dunaires.
Il a aussi témoigné de son combat au sein de l’association « Peuple des dunes » pour lutter contre les projets d’extraction en mer pour protéger le littoral.
Yves Le Bahy regrette l'arrogance et l'amnésie des hommes. L'arrogance leur fait croire que notre technologie peut résoudre tous les problèmes, l'amnésie leur fait oublier qu'il est délicat de vivre en bord de mer.


Rencontre avec Franck Kerguéris, agriculteur biologique à Gâvres, commune littorale

 

Au travers de cette rencontre, nous souhaitions montrer que des alternatives économiques au modèle dominant sont possibles. Ces alternatives sont très souvent des choix individuels, de personnes qui croient en des valeurs, celles de l’emploi, du partage des richesses et de la protection de l’environnement et de la santé humaine.
Les personnes qui se lancent dans de tels choix sont souvent des personnes engagées et passionnées.


Franck Kerguéris a repris les terres agricoles familiales, situées en milieu arrière dunaire à Gâvres, en 1994. Ces terres n’avaient pas été cultivées depuis 15 ans. Franck Kerguérïis n’a pas reproduit le schéma agricole familial. Il a fait le choix de faire du maraîchage biologique et de commercialiser sa production  en vente directe. Il se situe dans la zone d’approvisionnement du pays de Lorient. L’ensemble de la production est alors vendue sur les marchés locaux et dans un petit magasin à Carnac :  vente des légumes d’été  principalement aux touristes (la population passe de 10 000 habitants sur Quiberon à 100 000 l’été, de 5 000 pour Carnac à 50 000).


Des filières « manger bio en restauration collective » se mettent également en place. 80% de son chiffre d’affaire se fait sur 4-5 mois et il emploie 4 à 5 personnes pendant cette période. Sa production est  dépendante de la qualité de son environnement. 


L’exploitation agricole couvre une surface de 25 ha, dont  3.5 ha sont plantés en eucalyptus. C’est une production un peu controversée, mais elle est plantée sur des terres non cultivables en maraîchage. C’est une production à croissance rapide qui ne nécessite aucun engrais, aucun traitement phytosanitaire, qui stocke le carbone présent dans l’air et qui alimente la filière bois de chauffage. C’est une production intéressante en diversification.

 


Agenda

RENCONTRE PUBLIQUE SUR LES BIENS COMMUNS

Pour la Transition, une économie du partage de la connaissance et des biens communs.

OBJECTIF PLANCTON

Action de science participative originale menée à Brest et à Lorient en partenariat avec Plancton du Monde.

AMENAZAS PARA LA PESCA EN EL MEDITERRÁNEO

24 de mayo 2014: visita y charlas en Vinaroz, región de Valencia.