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Editorial Avril 2013

Des ressources naturelles aux biens communs

@ Roger Moreau



L’expression “biens communs”, de création, ou du moins d’usage récent, relève visiblement d’une intention d’élargissement et en quelque sorte d’humanisation de celle de “ressources naturelles”, trop entachée d’économicisme, ce mal du siècle si bien synthétisé par l’expression “les affaires sont les affaires”, qui sous-entend “les affaires avant tout”.

La gestion participative et durable des biens communs considérés dans toutes leurs dimensions constitue à la fois une solution, et, comme toutes les vrais solutions, un problème et un défi considérables. Sortir de la réduction de l’humain au tout économique/technologique n’est pas simple, dans la mesure où cela suppose l’entrée dans la complexité mouvante et imprévisible qui caractérise la nature et la culture. Sortir de la fausse sécurité des technologies et des économies hégémoniques implique la prise en compte de la fragilité et de l’insécurité du vivant et du convivial, qu’il s’agit de réconcilier avec l’efficacité .

Pour être capable de relever ce défi, une société donnée doit disposer de quelques conditions favorables comme la présence simultanée d’un ensemble d’intérêts existentiels communs, et d’un système de valeurs éthiques communes, ou du moins ce qu’il en reste après des siècles de colonisation brutale et de décennies de séduction commerciale insidieuse.? ?Les choses se compliquent lorsque, comme c’est bien souvent le cas, il ne s’agit pas seulement de gérer un bien commun, mais aussi, et d’abord, de le défendre contre une agression ouverte, appuyée par toutes les ressources matérielles, techniques, scientifiques, financières dont dispose le système dominant. Dès lors, l’union des faiblesses, qui fait la force des peuples apparemment démunis devant les bulldozers, a besoin plus encore que pour une simple gestion, d’une cohésion éthique de nature communautaire.? ?

Pendant des millénaires, les communautés dites primitives n’ont pas attendu l’apparition de l’expression “gestion des biens communs” pour développer des stratégies efficaces à maintenir l’usage durable et équitable des ressources que leur fournissait un environnement naturel à la fois prévenant et menaçant. Or la victoire des communautés archaïques sur les éléments se trouve remise en question lorsqu’une menace d’autant plus redoutable qu’elle ne provient plus de la nature, mais de l’homme lui-même, scientifiquement organisé, capitalisé, armé et équipé, pour, selon les cas et les époques, jouer du bâton ou de la carotte.? ?

Dans certaines conditions géographiques et politiques, notamment lorsque les biens à gérer ne sont pas convoités par des intérêts relevant du système hégémonique, leur gestion commune est envisageable moyennant certaines conditions. La besace d’ECADIM de l’AITC regorge d’exemples documentés de ce genre (voir ici). Le contenu de la lettre d’information d'avril 2013 conforte lui-même cette idée (voir ici).? ?

Dans le cas contraire où les intérêts à grande échelle qui caractérisent ce moment de l’histoire entrent en concurrence dissymétrique avec une communauté territoriale, celle-ci se trouve en demeure de dépasser une situation d’administration pour entrer dans une dynamique de lutte, et de jouer sur le double registre combiné de la gestion positive de ses biens, et de la résistance au pillage et à la dévastation. Dans les deux cas est requis de la part de la communauté, un système de valeurs communes, qui, tout particulièrement dans la résistance, se trouve stimulé pour les besoins de la cause dans une dynamique de régénération sociale et communautaire qui, n’en doutons pas constitue l’un des enjeux majeurs de notre époque. Un processus qui passe de manière incontournable à travers la gestion et la défense conviviales des biens communs.?


?Roger Moreau?
Membre de l'Association des peuples de montagne du monde - APMM?




 

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