Le saviez vous?

24 000 personnes meurent chaque année en mer sur un total de 15 millions de travailleurs engagés à plein temps dans la pêche en mer. La FAO met en cause principalement la chasse aux économies et le mauvais état de nombre d'embarcations. Les pêcheries les plus dangereuses sont situées dans le nord-est du Pacifique, l'Atlantique nord et la mer du nord.
Source: morningstaronline.co.uk

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Editorial

Des Rencontres Internationales « Gardarem la terre et la mer» du 14 au 17 juillet. Pourquoi ?

Un processus de définition stratégique de l'AiTC sera en cours en 2011
@pauline vuarin


En 1971, 103 paysans du Larzac s'engageaient solennellement à ne jamais vendre leurs terres, face au projet d'extension du camp militaire de 3000 à 17 000 ha. C'était le fameux « serment des 103 ». Cet engagement fondateur a été soutenu pendant plus de dix années par un formidable mouvement Larzac. En mai 1981, François Mitterrand, nouveau Président de la République a tenu son engagement d'arrêter ce projet.


Mais depuis les années 70-80, le vent de la libéralisation économique s'est développé au niveau mondial. Un modèle de développement hyper consommateur en matières premières, en ressources naturelles s'est imposé au niveau de la planète aussi bien dans les pays développés (USA, Europe, Japon...) que dans les pays en transition (Chine, Inde, Brésil....). Les capitaux se déplaçant de plus en plus librement à travers la planète, en recherche de profit, se sont abattus sur les terres agricoles, sur les matières premières agricoles, sur les ressources halieutiques, minérales ou naturelles.


Des communautés rurales et maritimes vivent et travaillent, depuis de nombreuses générations, sur des terres agricoles, des territoires, des espaces littoraux qu'elles ont gérés avec des règles et normes juridiques attachées à leur histoire, à leur expérience, à leur tradition. Or, en s'appuyant sur des normes élaborées au niveau national ou international, avec la complicité des États, des groupes de pression variés imposent un autre système juridique dépossédant ces populations de leurs droits ancestraux, de ceux liés à un usage prolongé et collectif de ces ressources naturelles. La possibilité d'acheter des terres, des territoires, des droits de pêche avec l'accord des États, permet ainsi à des entreprises, des fonds d'investissement, des États, des personnes privées « d'exproprier sous des apparences de légalité» des familles paysannes, des communautés rurales et maritimes. Ainsi plus de 50 millions d'ha (cf. Banque Mondiale) ont été perdus par des familles agricoles. Des territoires entiers ont été soustraits à des milliers de communautés rurales. A la place, des entreprises agricoles industrielles généralement peu respectueuses des ressources naturelles, de la préservation des terres et de la qualité des eaux, s'installent. De la même manière, des communautés maritimes sont dépossédées de leurs droits d'accès à des zones de pêche qui sont vendus à des entreprises de pêches industrielles. Celles-ci dévastent de larges espaces maritimes. Les ressources halieutiques des zones côtières régressent.  Ceci affecte les pêches artisanales.


Ces dernières années, une fièvre au niveau mondial se développe autour des matières premières et des ressources énergétiques. De nombreuses concessions minières (uranium, or, argent, lithium...), des droits d'extraction du gaz de schiste ou de pétrole ou de construction de grands aménagements (barrages..) ont été octroyés sans concertation des populations. En effet, en général, les grandes compagnies multinationales, qui sont le plus souvent à l'origine de ces projets,  ne s'embarrassent pas de précautions en matière de respect du droit des communautés. L'impact,  concernant en particulier, les mines, sur la qualité des eaux, des sols et de l'air est en général catastrophique.

Ce sont des écosystèmes entiers et les conditions de vie des communautés qui sont   menacés de destruction afin de permettre aux capitaux internationaux ou nationaux de prospérer et  à la société de sur-consommation de se développer de manière suicidaire pour l'humanité.
Liés à ces questions, ce sont donc les modèles d'agriculture, de pêche, de vie dans les territoires, de sociétés qui sont en débat.
Face à ces processus mondialisés d'accaparement et de spoliation des communautés, partout dans le monde, des communautés rurales et maritimes luttent . Ces luttes locales, en réponse à la mondialisation destructrice, sont une occasion et une richesse pour construire de l'intelligence collective, de la reliance, de la vie, pour redéfinir les besoins de nos sociétés et de nouvelles formes de démocratie.

 

Il y a nécessité de créer des solidarités nouvelles, de soutenir des luttes de terrain qui, à travers le monde tentent de suppléer aux lois lorsqu'elles n'existent pas ou de les faire appliquer lorsqu'elles existent. Il est aussi nécessaire de construire des alliances multi-niveaux :national, régional, international, afin d'établir un cadre de nouvelles régulations, de formes juridiques. Celui-ci devrait viser la protection des territoires et les populations de la planète d'un désastre collectif concernant l'accès et la gestion de ces ressources naturelles,  la sécurité alimentaire…
Entre la solution du tout état et celle de la privatisation à tout prix qui donne l'accès aux ressources naturelles, il existe la gestion des ressources naturelles et des territoires en biens communs. C'est une forme de gestion que les communautés pratiquent le plus souvent avec succès et intérêt pour elles mêmes et comme, elles sont en capacité de le faire, pour la société actuelle et pour les générations futures. Mais cela ne sera possible que si l'on reconnaît leurs savoirs et leurs droits.C'est ce que démontrent de nombreuses études et travaux reconnus au niveau mondial. (cf. les travaux de Elinor Orstrom qui a obtenu le prix Nobel d'économie sur ces questions de gestion en bien commun).


Aujourd'hui, alors que l'on pensait le Larzac épargné de tous nouveaux projets destructeurs du territoire et des ressources naturelles, surgit un projet d'extraction de gaz de schiste. La population de la région, comme dans certains lieux de France et d'Europe, est mobilisée. C'est une bonne chose. Mais on s'aperçoit qu'ici, comme ailleurs, au dessus de la tête des citoyens et des élus, on tente de faire passer des projets mortifères à moyen et long terme.


C'est pour toutes ces raisons mais aussi à l'occasion de l'anniversaire de l'engagement de la lutte du Larzac en 1971 et de la victoire en 1981, et en soutien à la lutte actuelle contre les gaz de schistes, qu'en présence de représentants mouvements de résistance, de communautés rurales et maritimes du monde nous nous mobiliserons du 13 au 17 juillet pour échanger, comprendre, résister, imaginer, proposer, marcher, créer un cairn ou « pierres mani », nous engager, pour tisser des liens de vie pour maintenant et demain.

 

Les organisateurs.

L'Association pour l'Aménagement du Larzac (APAL),  la Confédération Paysanne de l'Aveyron, l'Alliance Internationale Terre Citoyenne (AiTC), l'Association des Populations de Montagnes du Monde (APMM), l'Association pour l'Amélioration de la gouvernance de la terre, de l'eau et des ressources naturelles (AGTER).

 

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Agenda

"Pour un tourism agricole et accueil des paysans durable"

Colloque international. 10-12 Juillet 2012. Bac kan, Vietnam.

Journées internationales souveraineté alimentaire, formation de leaders sociaux et gouvernements locaux

28 mai 3 juin 2012 Ambato, Tungurahua, Equateur (agenda, 06.05.2012)

Le changement climatique dans la méditerranée: un projet de crise alimentaire?

Table ronde du 15 de mayo 2012, a las 17 hrs à la Chaire Terre Citoyenne de l'UPV de Valencia (Espagne).