Le saviez vous?

S’il est invisible à l’œil nu, le plancton n’en est pas moins un élément essentiel à l’équilibre de notre planète. Or, si le plancton disparaît, l’humanité disparaît aussi. Sa méconnaissance du grand public est un facteur de sa fragilité. Pourtant, il faudrait autant se mobiliser pour lui que pour la survie de l’ours blanc...

Lire la suite ... 

Imprimer la page Informer un ami Agrandir la police Reduire la police

Ce que j’ai appris du Larzac et de Nant

 

Suite aux sessions de travail de l'alliance Terre Citoyenne dans le plateau du Larzac (Nant) du 1er au 5 juillet 2009...

Rencontre de l'Alliance Terre Citoyenne à Nant (Aveyron, France), juillet 2009

 

De la lutte du Larzac j’ai appris que…


D’autres mondes sont possibles : cela me plait mieux qu’un autre monde est possible, parce qu’il permet à tous les gradients de conception, de contexte et d’effort de mise en œuvre de s’exprimer. L’autre monde possible en Afrique ne peut être le même en Europe, en Asie ou en Amérique du Sud, même si tous doivent évoluer en mettant l’être humain au centre et non la productivité.

La décroissance acceptée peut mener à une meilleure qualité de vie, loin de la course au productivisme qui détruit la paix intérieure, vous encombre de soucis inutiles et empêche le vivre ensemble. Malgré les difficultés inhérentes à la vie qu’ils mènent, les paysans rencontrés ont montré une sérénité enviée qui résulte d’un choix de vie. La consommation des produits du terroir réduit l’émission du carbone en même temps qu’elle crée l’harmonie entre les producteurs et les consommateurs, renforce la sérénité et la solidarité. Les paysans rencontrés ont accepté sans résignation que les ressources de notre planète commune soient limitées et qu’il faille les utiliser à bon escient.

La lutte paie : que serait devenu le Larzac ? Un grand camp militaire qui aurait effacé plusieurs siècles de tradition et de civilisation paysanne. Nous n’aurions pas vu cet espace où se vit l’agriculture d’aujourd’hui, prémices de celle de demain qui assurera la survie de la planète, parce qu’elle aura choisi de protéger la terre vivante contre la mort lente mais parfois violente, diffusée par les engrais chimiques, les herbicides et les pesticides, et contre la privatisation du vivant.

La lutte paie, parce que sans elle, six mille hectares de terre auraient  été débarrassés des fermes qui lui donnent aujourd’hui vie. A la place des performances agricoles qui nous ont tant émerveillés, on nous aurait fait la démonstration de l’efficacité des engins de mort. Oui, le Larzac vit et peut montrer la voie de l’agriculture de demain à cause de cette lutte qui par ailleurs a suscité une certaine conscience nationale des autres mondes possibles, dont l’un des porte flambeaux du Larzac vient d’être élu au parlement européen.

Contrairement à l’agriculture industrielle qu’on vient nous prêcher en Afrique à grand renfort de projets, l’Europe finance lentement mais sûrement la reconversion de son agriculture vers l’agriculture biologique.

Patiemment et dans les actes de tous les jours, les paysans du Larzac font échec à la mondialisation en choisissant de vivre en harmonie avec leurs environnements (social, physique et culturel). Ils sont en train de créer une économie à valeur ajoutée sociale, sans se couper du monde : quelle belle leçon par ce temps de crise financière sur fond de la perte des valeurs !

De la rencontre de Nant je suis sorti réconforté que…


La grande diversité de l’Alliance Terre Citoyenne est à la fois un tremplin et des garde fous pour chacun et pour tous dans le saut que nous devons faire vers l’inconnu de la formation des leaders sociaux. Chaque expérience mise sur la table à Nant n’est plus ce qu’elle a été pour celui ou celle qui l’a vécue. Celui ou celle qui l’a partagée avec les autres a changé comme a changé celle ou celui qui l’a écoutée. Comme dit l’adage, si je te donne un œuf et que tu me donnes un œuf, chacun de nous a un œuf. Mais si je te donne une idée et que tu me donnes une idée, chacun de nous a deux idées. L’expérience fait partie de ces choses qui s’enrichissent lorsqu’on les partage. Que de richesses avons-nous créées à Nant, en acceptant de partager tant d’idées !

L’université Terre Citoyenne sera d’autant plus riche et enrichissante qu’elle sera un vrai rendez-vous du donner et du recevoir. La formation des leaders sociaux doit aussi emprunter le chemin du Larzac, sans le copier, car si la lutte paie, elle forme aussi et trempe le caractère. En définitive on ne forme pas un leader ; il se forme. Ce qui transparaît dans l’histoire des leaders du Larzac ne s’apprend pas dans un atelier. C’est le fruit d’un cheminement personnel parfois solitaire dans la communauté. Mais la construction collective du chemin du savoir, la lutte commune, le vivre ensemble comme le partage des expériences créent les conditions d’une transformation personnelle, ce que vise la formation des leaders. Former pour transformer avons-nous souvent dit. Eh bien ! Nous voici à la croisée des chemins vers d’autres mondes possibles. A nous de choisir.

Cotonou, le 16 juillet 2009

René M. SEGBENOU


N'oubliez pas de visiter la série Global Café.

Pour savoir un peu plus sur l'expérience de René Segbenou à l'INADES en Afrique, vous pouvez consulter la vidéo Global Café de décembre 2008.



Global Café invite René Segbenou lors de la rencontre de Reñaca au Chili

Agenda

"Pour un tourism agricole et accueil des paysans durable"

Colloque international. 10-12 Juillet 2012. Bac kan, Vietnam.

Journées internationales souveraineté alimentaire, formation de leaders sociaux et gouvernements locaux

28 mai 3 juin 2012 Ambato, Tungurahua, Equateur (agenda, 06.05.2012)

Le changement climatique dans la méditerranée: un projet de crise alimentaire?

Table ronde du 15 de mayo 2012, a las 17 hrs à la Chaire Terre Citoyenne de l'UPV de Valencia (Espagne).