Cette citation orne le campus de l’Université de la Mer à Reñaca, au nord de Valparaiso. Elle peut presque résumer, à elle seule, le chemin parcouru par les participants de la rencontre organisée par le réseau Terre Citoyenne au Chili, début décembre, mais aussi l’esprit qui a animé notre réflexion.
Partie de Saluzzo, près de la source du Pô, en Italie du Nord, au mois de mars 2008, pour aborder au rivage du Pacifique, à Vina del Mar, en décembre, l’idée d’une « université terre citoyenne » devait faire l’objet de propositions d’organisation concrètes. Les trois éléments principaux de cette construction étaient, en effet : les besoins de formation de plus en plus importants des organisations de base dans l’agriculture et la pêche artisanales, en zones rurales et périurbaines, chez les populations indigènes, etc. sur tous les continents ; l’échange d’expérience comme moyen privilégié d’apprentissage et de recherche face aux défis du développement durable ; l’articulation nécessaire entre l’éducation informelle ou non formelle et l’éducation formelle, entre le monde populaire et le milieu académique. Après trois visites de terrain à la fois très instructives et chaleureuses, une véritable « feuille de route » s’est dessinée au fil des réunions de travail à l’Université de la Mer. L’accord s’est fait, pour l’essentiel, d’une part, sur la nécessité de maintenir les efforts d’auto organisation de chacun, en même temps que de poursuivre l’approfondissement de la notion de « leader social » d’autre part, sur le recours aux possibilités qu’offrent les nouvelles technologies de la communication, en même temps que de se plier aux exigences de systématisation et d’évaluation. L’idée du « virtuel » l’a emporté avec celle d’une « plateforme » - celle que nous constituons de fait - à consolider par la mise en place d’une équipe opérative restreinte que l’UDM a proposé d’héberger. On peut considérer que le clair engagement de celle-ci manifestait ainsi la part que l’institution universitaire, en général, acceptait de prendre à une réflexion aujourd’hui incontournable sur sa responsabilité sociale pour répondre aux enjeux du XXIème siècle. Et que tous les événements, initiatives et autres projets devront être mis à profit pour progresser dans cette perspective.
Deux constats positifs peuvent être faits qui constituent deux axes de travail fondamentaux. Tout d’abord celui d’une convergence véritable entre les deux approches principales : par le bas, par la prise en considération des besoins des groupes et des populations en matière d’éducation populaire et de formation de leaders sociaux ; par le haut, avec cette prise de conscience et cette affirmation par les universités hôtes et représentées de leur responsabilité vis à vis de la société. Convergence sur l’essentiel donc, c’est à dire la mission première et irremplaçable de toute démarche éducative : former l’homme, former le citoyen. Et si le risque demeure des dérives personnelles ou hégémoniques : s’en remettre à la démocratie toujours en construction pour éviter le pire. L’autre motif de satisfaction est dans l’excellente atmosphère dans laquelle ont été conduits les travaux ; les différentes expériences présentées ont inspiré intérêt et respect. L’ « empathie » était palpable et il faut sans doute franchir le pas pour faire en sorte que le développement de chacune de ces expériences, que la construction de chacun de ces « territoires » favorisent celle d’un réseau, d’un maillage dont l’objectif ne peut qu’être de faire de cette mosaïque de petites paix la trame d’un vivre ensemble sans frontières.
A la crise globale que nous vivons et que l’initiative « terre citoyenne » anticipait, en quelque sorte, cette rencontre a apporté, avec un nouveau regard, une réponse presque inespérée : la mise en œuvre d’une démarche d’alliance pour mieux mobiliser, au service de l’éducation et de la formation des citoyens, l’intelligence et l’imagination des hommes.
Voir aussi la vidéo Global Café, réalisée pendant la rencontre.....