Le saviez vous?

24 000 personnes meurent chaque année en mer sur un total de 15 millions de travailleurs engagés à plein temps dans la pêche en mer. La FAO met en cause principalement la chasse aux économies et le mauvais état de nombre d'embarcations. Les pêcheries les plus dangereuses sont situées dans le nord-est du Pacifique, l'Atlantique nord et la mer du nord.
Source: morningstaronline.co.uk

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Editorial

Formons l’ingénieur citoyen 1

Editorial de Pasqual Moreno. Dr. Ingeniero agrónomo. Coordinador de la Cátedra Tierra Ciudadana-FPH.
@almedio

 

Faculté de Sciences Agronomiques de Huambo: Angola. Les professeurs ont invité leurs élèves à assister à une conférence assurée par un professeur européen et un chercheur angolais faisant ses études doctorales en Europe. La salle de conférence est pleine d’élèves, certains autres professeurs de la faculté y assistent aussi. Les deux intervenants font défiler les sujets: l’importance de la conservation de la biodiversité, le renfort de l’agriculture familiale entant qu’alternative au développement agricole et rural du pays, le besoin de structurer un syndicalisme agraire puissant et des politiques agraires facilitant le crédit, la formation et l’extensionnisme agraire, le nécessaire aménagement des marchés et le contrôle des importations de produits basiques, la recherche de la souveraineté alimentaire, le rapprochement entre l’université et les « camponeses » par des visites de terrain, grâce au soutien de leurs projets et par le biais d’études sur leur réalité socio-économique, etc.

 

Les élèves abandonnent la salle au compte-gouttes. Ce que l’on est entrain de leur présenter ne les intéresse pas: cela n’apporte rien de nouveau aux études « techniques » (phytotechnie, zootechnie, industries agraires, etc.) qu’ils sont entrain de réaliser. Même la curiosité de savoir ce que peuvent bien vouloir leur raconter les deux intervenants invités ne les retient plus. A la déception s’ajoute l’incompréhension face à l’abandon de la grande majorité des élèves d’une salle où l’on pensait aborder des problématiques d’actualité débattues dans certains cercles d’activistes agraires.

Avec un million trois cent mille kilomètres carrés et quinze millions d’habitants, deux des principaux fleuves d’Afrique le traversant et une population agraire active de 70%, l’Angola importe 90% des aliments qu’il consomme.

Suite à la frustrante conférence, le responsable des études de la Faculté de Sciences Agronomiques réfléchissait avec les deux intervenants: « la solution pour notre pays c’est la révolution verte, elle a donné de très bon résultats dans d’autres continents, elle peut aussi les donner en Afrique: des semences améliorées, l’irrigation, la mécanisation, les engrais chimiques 3 , les pesticides, l’agro-industrie et les exportations. Voilà ce qu’il faut faire et nous avons besoin d’ingénieurs capables de la mener à bien ; en plus d’une répartition de la terre entre les paysans afin qu’ils puissent travailler en propre et y réaliser les changements nécessaires à l’amélioration des rendements et de la productivité ».

Durant ces mêmes jours, la presse angolaise soulignait que dans certaines régions c’étaient produits des affrontements entre des employés d’entreprises ayant obtenu des concessions pour l’exploitation de grandes extensions de terre et les « camponeses » qui, parfois armés de kalachnikovs  -souvenirs de la, encore très récente, guerre civil-, voulaient empêcher qu’on leur vole leurs terres.  Dans la majorité des cas, le soba 4 faisait office de leader de ces protestations qui avaient donné pour fruit le retrait des usurpateurs.

Aéroport de Huambo. Les intervenants de la conférence de la veille à la Faculté de Sciences Agronomiques sont prêts à prendre leur avion en direction de Luanda. Dans la salle d’embarquement, ils se retrouvent avec un des élèves de la faculté qui part rendre visite à sa famille dans la capitale.

- As-tu assisté à la conférence hier?, lui demandent-ils.

- Oui, mais je suis sorti avant la fin, répond-il. Ça traitait de sujets qui ne m’intéressent pas, je ne crois pas qu’ils auraient pu apporter grand chose à ma formation d’ingénieur.

- Quand tu finiras tes études, où comptes-tu travailler?, lui demandent-ils à nouveau.

- Au MINADER 5 . Comme fonctionnaire – réplique-t-il.

Ce cas auquel nous faisons référence sur l’Angola pourrait être étendu non seulement aux pays de la périphérie, mais aussi à ceux du centre. Telle qu’est conçue la formation dans les Ecoles d’ingénierie, il en sort –dans le meilleur des cas- des futurs technocrates ignorant complètement les réalités sociales et économiques du secteur dans lequel ils vont travailler.
 
Pauvre de ces connaissances et exerçant son autorité à travers un jargon parfois incompréhensible pour ceux qu’il domine, ou en s’appuyant sur des normes et décrets qui le rendent toujours supérieur à ses subordonnées, l’ingénieur est possesseur de la vérité, il admet difficilement ses erreurs à moins que celles-ci soient trop évidentes et qu’elles demandent l’intervention, pour éviter de pires maux, de l’Administration.

Le mal nait dès le début de la formation. Dans les Ecoles d’ingénierie, on enseigne aux élèves des techniques et des théories bien souvent déconnectées de la réalité. On leur apprend surtout à les utiliser de façon arrogante, sans discussion, comme si il s’agissait de vérités absolues. On leur inculque le  techno-enthousiasme et ils se convertissent en suiveurs aveuglés du progrès; faire confiance au progrès devient la source de toutes les solutions.

Il faudrait changer non seulement les programmes d’études de ces Ecoles, mais aussi la disposition avec laquelle les futurs ingénieurs aborderont leur relation avec la société. Il est nécessaire d’injecter plus de sciences humaines, plus de sociologie, plus d’économie politique, plus de psychologie, plus de contact avec la réalité du quotidien afin d’accéder aux problèmes que les citoyens affrontent chaque jour et que ces mêmes citoyens puissent voir en l’ingénieur quelqu’un de proche. Il faut distribuer une dose d’humilité, d’observation, de recul sur ce que l’on nous apprend pour le mettre en contraste avec la vie quotidienne.

Nombreux sont les défis qui se présentent à l’Université du futur, et parmi eux il y a notamment celui d’une formation d’un ingénieur d’un nouveau genre : plus humain, plus proche de la réalité socio-économique de son entourage et plus engagé envers sa société.

Pasqual Moreno. Dr. Ingénieur Agronome. Coordinateur de la Chaire Terre Citoyenne-FPH.

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1  Ce titre est celui d’un séminaire organisé par la Chaire Terre Citoyenne-FPH de l’Université Polytechnique de Valencia (Espagne) qui aura lieu tout au long de l’année universitaire 2011-2012. Nous allons centrer notre exposé sur la formation d’ingénieurs agronomes, mais il peut se s’étendre à n’importe quelle autre ingénierie.

2  Paysans angolais.

3  La multinationale Chevron-Texaco, l’entreprise principale qui exploitait le pétrole angolais off-shore, avait financé des laboratoires de la Faculté de Sciences Agronomiques à hauteur de 200.000 $. Chevron-Texaco s’était proposé au gouvernement angolais pour mettre en marche une entreprise d’engrais synthétiques au nitrogène d’une production de 600.000 tonnes/an. La consommation de ce type d’engrais en Angola était à ce jour de 20.000 tonnes/an.

4  Le soba est le chef de la communauté. Il distribue les terres entre les habitants du village et intervient, sur les conseils d’un groupe d’anciens, lorsque des conflits surgissent au sein de la communauté. Il la représente face à l’administration.

5  MINADER: Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural

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"Pour un tourism agricole et accueil des paysans durable"

Colloque international. 10-12 Juillet 2012. Bac kan, Vietnam.

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Le changement climatique dans la méditerranée: un projet de crise alimentaire?

Table ronde du 15 de mayo 2012, a las 17 hrs à la Chaire Terre Citoyenne de l'UPV de Valencia (Espagne).